La pauvreté à portée de main, par Patrice C.
La misère Celle qui se voit, car elle n'a pas le choix, celle qui se cache, celle qui s'affiche sans complexe. La misère, cette pustule sur notre société, ce chancre qui nous défigure, ce cancer qui nous ronge, que nous avons laissé s'installer et, comble de tout, ce avec quoi nous pouvons vivre sans en rougir. Il en va ainsi de ces pauvres diables installés sur les trottoirs et sous les portes cochères, quasiment, et faute de mieux, comme chez eux désormais. Ils croissent et se multiplient et nous ne les voyons quasiment plus tant ils font partie de ce paysage que nous arpentons chaque jour. Leur nombre n'est même plus étonnant à notre mémoire. Notre habitude se meut en indifférence, nos habitudes routinières et obligataires, croit-on, ne nous laisseraient plus le temps d'y penser ou même de regarder. Nous ne voyons tout simplement plus. Nous avons peut-être là aussi, développé un logiciel qui sélectionne le vu et le non vu. La mémoire nous devie...